Archives pour la catégorie Rébellions gauloises

Tout sur le complot des Helvètes, Séquanes et Eduens de 58 avant J.-C.

Le chef helvète Orgétorix, selon une représentation fantasmée
Le chef helvète Orgétorix, selon une représentation fantasmée

Parmi les rares Helvètes d’avant l’ère chrétienne dont le nom nous soit connu, deux seuls ont eu un rôle historique : Divico, le chef de l’armée des Helvètes lors de la victoire sur les Romains en 107 et leur porte-parole avant la défaite de Bibracte en 58 (Bellum Gallicum I, 13-14) ; et Orgétorix. Sur Orgétorix, chef du peuple helvète lors de la grande migration historique, en 58 avant J.-C., le témoignage principal est celui de César, qui nous relate, au début de la Guerre des Gaules (I, 2-4 ; 26, 4), son complot, son procès et sa mort en prison.

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Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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Par le clientélisme, un chef gaulois pouvait lever toute une armée

Un système de clientèle maintenait dans leur dépendance directe la majeure partie de la population gauloise, qui n’avait d’autre choix que celui d’appuyer leurs protecteurs. la société celtique connaissait deux types de dépendances directes :

– une sorte de servage comme dans l’Irlande médiévale, concernait les ambactes. Un ambacte (littéralement « celui qui est autour ») était un homme originairement libre, donc armé, qui s’engage envers un personnage important et le suit notamment à la guerre. Il doit à son protecteur des services et une fidélité.

– la dépendance des « clients » proprement dite : cette dépendance était moins forte car le « client » conservait sa personnalité juridique. Il conservait des droits. Ces « clients » versaient toutefois des intérêts beaucoup plus élevés que les ambactes. Ils devaient, tout comme les ambactes, hommage et services de guerre ou de paix à leur protecteur.

Les peuples des Gaules avaient, il faut le dire, une capacité à lever des troupes nombreuses en peu de temps, du fait du clientélisme.