La reddition de Vercingétorix vue par le peintre Lionel Royer, entre le romanesque et l’erreur historique

Lionel Royer réalisa en 1899, un tableau devenu célèbre, représentant la reddition, à Alésia, de Vercingétorix. Cependant, ce tableau fantasme complètement la réalité historique, en se basant sur les deux seules sources écrites antiques ayant décrit cette reddition de l’année 52 avant J.-C. Premier élément qui pose question : Alésia paraît en flammes dans le fond du tableau (cela n’a jamais été mentionné par aucune source latine, encore moins par César). La suite est plus surprenante encore…

Analyse en images…

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Qui est le véritable héros dans ce tableau ? Les regards désignent Vercingétorix !

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Lionel Royer rétablit l’égalité entre Vercingétorix et Jules César, et honore la force des Gaulois, par l’attribution des surfaces (parfaitement équivalentes)

 

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Lionel Royer suggère la supériorité du vaincu Vercingétorix. Une reddition, qui plus est à cheval ?!
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Les Gaulois occupent le devant de cette scène « théâtrale avec Vercingétorix à cheval, avec cette grande lance et cette grande épée posées au sol, puis avec ce Gaulois ligoté, à genoux (à droite)

 

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Le cheval a la robe blanche, comme les chevaux blancs des rois de France !

 

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Une chevelure et une moustache qui proviennent de textes antiques, mais qui n’ont pas de fondement historique
Voici la première source antique qui a induit Lionel Royer en erreur. Bien qu’il faut admettre une véritable volonté, légitime, chez Lionel Royer, de demeurer libre dans sa création, en véritable artiste :

César ordonne que les armes soient rendues, que les chefs soient conduits à lui. Lui-même s’assied dans le retranchement, devant le camp. Les chefs y sont conduits. Vercingétorix se rend. Les Héduens et les Arvernes furent mis en part, pour le cas où il pourrait, grâce à eux, reprendre des villes. Les autres captifs sont distribués à toute l’armée comme butin, à raison d’un prisonnier par personne

Jules César, Guerre des Gaules, Livre VIII, 89.

Voici la deuxième source antique qui a induit Lionel Royer en erreur :

Les assiégés, après s’être donné bien du mal à eux-mêmes et en avoir donné beaucoup à César, finirent par se rendre. Vercingétorix, qui avait été l’âme de toute cette guerre, fit parer son cheval, prit ses plus belles armes et sortit ainsi de la ville. Puis, après avoir fait caracoler son cheval autour de César, qui était assis, il mit pied à terre, jeta toutes ses armes et alla s’asseoir aux pieds de César où il se tint en silence, jusqu’au moment où César le remit à ses gardes en vue de son triomphe

Plutarque, Vie de César.

 

 

 

 

 

 

 

 

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