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La reddition de Vercingétorix vue par Dion Cassius

Dion Cassius est un personnage considérable qui exerça les plus hautes charges tout en composant une oeuvre historique parmi les plus érudites qui nous soient parvenues de l’Antiquité. Ce personnage est tout de suite moins considérable lorsqu’il relate la reddition de Vercingétorix, en 52 avant J.-C. Dion Cassius propose en effet une version peu crédible.

Extrait :

Vercingétorix aurait pu s’échapper, car il n’avait pas été capturé et restait sans blessure, mais espérant (car il avait été autrefois en amitié avec César) pouvoir obtenir son pardon, il alla le trouver sans s’être fait annoncer : il apparut brusquement devant César qui siégeait sur une tribune, jetant le trouble chez certains des assistants. En effet, il était, autre autre, très haut de taille et avait l’air terrible sous les armes. Lorsque le calme fut revenu, il ne dit pas un mot, mais tomba à genoux et, les mains jointes, il supplia. Voilà qui frappa de pitié tous les assistants, qui se souvenaient de sa fortune ancienne et le voyaient aujourd’hui en une condition aussi émouvante. Mais César fit le contraire : il lui reprocha précisément ce sur quoi il comptait le plus pour son salut, et, en opposant sa rébellion à son amitié, il fit paraître sa trahison plus insupportable encore. Donc, à cet instant même, il ne le prit nullement en pitié, le faisant aussitôt mettre aux fers. Quant à la suite : après l’avoir produit à son triomphe, il le fit mettre à mort.

Dion Cassius, Histoire Romaine, 40,41

La reddition de Vercingétorix vue par le peintre Lionel Royer, entre le romanesque et l’erreur historique

Lionel Royer réalisa en 1899, un tableau devenu célèbre, représentant la reddition, à Alésia, de Vercingétorix. Cependant, ce tableau fantasme complètement la réalité historique, en se basant sur les deux seules sources écrites antiques ayant décrit cette reddition de l’année 52 avant J.-C. Premier élément qui pose question : Alésia paraît en flammes dans le fond du tableau (cela n’a jamais été mentionné par aucune source latine, encore moins par César). La suite est plus surprenante encore…

Analyse en images…

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Qui est le véritable héros dans ce tableau ? Les regards désignent Vercingétorix !

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Le système d’espionnage romain pendant la Guerre des Gaules : les déserteurs

Jules César
Jules César

Les déserteurs, auxquels fait référence plusieurs fois Jules César dans Bellum Gallicum, étaient considérés comme plutôt mal informés, et étaient plutôt connus pour leurs exagérations, servant à paraître utiles à l’autre camp vers lequel ils se retournaient.

Alors César recoupait les informations qu’ils fournissaient avec d’autres sources (éclaireurs, espions, prisonniers). Pendant le siège d’Alésia, en 52 avant J.-C., des déserteurs informèrent César des plans de Vercingétorix. Notamment dans l’extrait ci-dessous :

Mis au courant par des déserteurs et des prisonniers [de la décision de Vercingétorix de faire partir toute sa cavalerie, de nuit, d’Alésia], César entreprit les travaux que voici. Il creusa un fossé de vingt pieds de large, à côtés verticaux, en sorte que la largeur du fond était égale à la distance entre les deux bords ; il mit entre ce fossé et toutes les autres fortifications une distance de quatre cents pieds ; il voulait ainsi éviter des surprises, car ayant été obligé d’embrasser un si vaste espace et pouvant difficilement garnir de soldats toute la ligne, il devait craindre soit que pendant la nuit l’ennemi ne se lançât en masse contre les retranchements, soit que de jour il ne lançât des traits contre nos troupes, qui avaient à travailler aux fortifications

Jules César, Guerre des Gaules, Livre VII, 72.