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Avant Vercingétorix : Indutiomaros comme chef

GG06Au printemps 53 avant notre ère, le gaulois Indutiomaros profitera que Jules César et ses légions soient de retour, fatigués, de Bretagne, pour mener une vaste rébellion en Gaule. Trois légions romaines sont défaites.

Tué, Indutiomaros sera finalement le tremplin définitif pour Vercingétorix, qui reprit le flambeau dès 52 avant notre ère.

De 52 à 49 avant notre ère, la Gaule sera le théâtre de guerres très brutales entre Romains et Gaulois. La parenthèse Vercingétorix agira en une véritable comète durant l’année 52. Jules César ne sera véritablement victorieux des Gaules qu’en 49 avant notre ère.

 

Zoom sur l’ouvrage de référence « Renseignement et espionnage dans la Rome Antique », de Rose Mary Sheldon

Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage sous la Rome antique
Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage dans la Rome antique

En 2005 est publié l’ouvrage historique de référence sur le sujet : Renseignement et espionnage dans la Rome antique, du Colonel Rose Mary Sheldon. Chercheuse et historienne, RM Sheldon va montrer comment le renseignement va passer d’une activité embryonnaire et entachée d’amateurisme aux origines de Rome (recours aux renseignements fournis par des transfuges ou des prisonniers de guerre torturés) pour devenir une activité organisée, très élaborée et surtout efficace à partir du règne de l’empereur Auguste (27 av. J.-C), successeur de Jules César, jusqu’à celui de Dioclétien (III ème siècle ap. J.-C).

Rose Mary Sheldon démontre combien les Romains n’ont au départ ni le goût, ni le savoir-faire en matière d’espionnage. Pour eux, la guerre est avant tout affaire de force, non de ruse qu’ils laissent à leurs ennemis. Ils ont pourtant une caractéristique qui participe de leur puissance : l’apprentissage par l’erreur. Ces erreurs, (relativement) peu nombreuses mais cuisantes, qu’elles soient de l’ordre de la défaillance du renseignement ou de l’utilisation inadéquate de renseignements disponibles, vont leur servir : les deux campagnes de César en Bretagne, celle de Crassus qui envahit le royaume des Parthes en n’ayant aucune idée de ce qu’il va rencontrer, Varus contre les Germains ou, inversement, l’invasion réussie de l’Italie par Hannibal (qui disposait d’un service d’espionnage pour récolter de l’information mais aussi pour désinformer). Militairement, on doit également souligner les qualités d’observation (reconnaissance dans la profondeur) de Scipion l’Africain.

La Guerre des Gaules vue par Suétone

Né vers 70 après J.-C, Suétone est l’auteur de la Vie des Douze Césars, des biographies impériales qu’il fait fait débuter par Jules César. Le chapitre qui traite de l’épisode de la Guerre des Gaules est très maigre. Le voici :

Voici à peu près ce qu’il [César] fit pendant les neuf ans de son commandement. Il réduisit en province toute la Gaule renfermée entre les défilés des Pyrénées, les alpes, les monts des Cévennes et les cours du Rhin et du Rhône, et qui forme un circuit de trois millions deux cent mille pas environ, sans compter les villes alliées ou qui avaient bien mérité de Rome. Il lui imposa un tribut annuel de quarante millions de sesterces. Le premier des Romains, après avoir construit un pont sur le Rhin, il attaqua les Germains qui habitent au delà du fleuve, et leur infligea de grandes défaites. Il attaqua aussi les Bretons, inconnus jusqu’alors, les battit et exigea d’eux de l’argent et des otages. Parmi tant de succès il n’éprouva en tout que trois échecs : en Bretagne, où sa flotte fut presque anéantie par une violente tempête ; en Gaule, où, devant Gergovie, une de ses légions fut mise en déroute ; et aux confins de la Germanie, où ses lieutenants Titurius et Aurunculéius furent massacrés dans une embuscade.

Suétone, Vie de César, 25