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Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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Germains et Romains : de grands ennemis sous l’Antiquité !

Petite illustration de ce à quoi pouvaient ressembler les guerriers venus d'outre-Rhin : les Germains, systématiquement vêtus de peaux de bêtes pendant les saison hivernale, printanière et automnale
Petite illustration de ce à quoi pouvaient ressembler les guerriers venus d’outre-Rhin : les Germains, systématiquement vêtus de peaux de bêtes pendant les saison hivernale, printanière et automnale

Le premier contact entre Romains et Germains eut lieu à la fin du IIe siècle avant notre ère, quand les Cimbres et les Teutons, descendant la vallée du Rhône, anéantirent quatre-vingt mille légionnaires et alliés, à la bataille d’Orange (en 105 avant J.-C.). Ce fut un historique et fatidique désastre, du côté romain. Le Germain devenait la représentation du Mal absolu, de l’ennemi aguerri.

Le général Marius rétablit la situation en battant les Teutons à Aix (102), puis les Cimbres à Verceil (en 101 avant J.-C.).

Après un demi-siècle d’indifférence, les deux peuples entrèrent de nouveau en contact quand Jules César décida de conquérir le nord de la Gaule (c’est-à-dire les populations belges, expertes du char de guerre et de la cavalerie pourtant).

En 58 avant J.-C., Jules César battit les Suèves d’Arioviste dans la plaine d’Alsace, puis, en -57, s’empara de toute la région située entre la Seine et le Rhin, où vivaient plusieurs peuples germains. Peuples belges (aguerris) et germains subissaient ainsi une mise en coupe réglée (mise en servitude, incendie d’oppida (oppidum au singulier = place-fortes souvent établies sur des hauts plateaux dominant des vallées, et servant de centre de commandement mais aussi de nervure stratégique et commercial). Veuillez taper « oppidum » dans la barre de recherche en haut à gauche de ce site web, si vous désirez en savoir plus sur les oppida, leur irruption dans l’histoire et leur fonctionnement).

Les massacres de Cénabum et Avaricum

Les civils ont subi des pertes et dommages considérables durant la campagne militaire menée par Jules César en Gaule, de 58 à 51 avant J.-C. Huit longues années de conquête ! Et plus encore, quand on sait que la Gaule ne sera pacifiée qu’aux environs des années 10 avant J.-C.

Dans Bellum Gallicum, César mentionne avec parcimonie ce qu’il considérait comme des pratiques de guerre habituelles. En réalité il s’agissait bien d’exactions contre les civils. On peut remarquer cinq types d’exactions :

  • les violences ordinaires commises sur des « vaincus », selon la pratique romaine de la guerre

  • les mises en servitude

  • les prises d’otage

  • les vols et pillages

  • les massacres (meurtres de masse)

Lors de la prise d’Avaricum (Bourges), en 52 avant J.-C., les légionnaires romains se livrent à un véritable massacre. Extrait :

Personne ne pensa au butin ; excités par le souvenir du carnage de Cénabum [Orléans] et par les fatigues du siège, ils n’épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Bref, d’un ensemble d’environ quarante mille hommes, à peine huit cents, qui s’enfuirent hors de la ville aux premiers cris, arrivèrent sains et saufs auprès de Vercingétorix

César, livre VII, 27