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Qui étaient les Arvernes ?

Peuple du centre de la Gaule, dont le nom a donné son nom à l’Auvergne, le peuple des Arvernes auraient exercé un leadership sur les autres peuples de Gaule, selon l’auteur Strabon (Géographie, IV, 2, 3) :

Leur territoire s’étendait à l’origine jusqu’à Narbonne et aux frontières de la Massaliotide et les peuples leur étaient soumis jusqu’au mont Pyréné, jusqu’à l’océan et jusqu’au Rhin

Strabon, Géographie, IV, 2, 3.

Une vue de la ville Clermont-Ferrand depuis le plateau de Gergovie
Une vue de la ville Clermont-Ferrand depuis le plateau de Gergovie

Si hégémonie arverne il y eut, elle a pu avoir des liens avec un certain enrichissement permis par le trafic de l’étain atlantique. Il est vrai que certaines monnaies arvernes cherchait à imiter le statère macédonien de Philippe II. Mais les historiens condamnent cette réalité projetée par Strabon dans son livre Géographie.

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Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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La Guerre des Gaules vue par Suétone

Né vers 70 après J.-C, Suétone est l’auteur de la Vie des Douze Césars, des biographies impériales qu’il fait fait débuter par Jules César. Le chapitre qui traite de l’épisode de la Guerre des Gaules est très maigre. Le voici :

Voici à peu près ce qu’il [César] fit pendant les neuf ans de son commandement. Il réduisit en province toute la Gaule renfermée entre les défilés des Pyrénées, les alpes, les monts des Cévennes et les cours du Rhin et du Rhône, et qui forme un circuit de trois millions deux cent mille pas environ, sans compter les villes alliées ou qui avaient bien mérité de Rome. Il lui imposa un tribut annuel de quarante millions de sesterces. Le premier des Romains, après avoir construit un pont sur le Rhin, il attaqua les Germains qui habitent au delà du fleuve, et leur infligea de grandes défaites. Il attaqua aussi les Bretons, inconnus jusqu’alors, les battit et exigea d’eux de l’argent et des otages. Parmi tant de succès il n’éprouva en tout que trois échecs : en Bretagne, où sa flotte fut presque anéantie par une violente tempête ; en Gaule, où, devant Gergovie, une de ses légions fut mise en déroute ; et aux confins de la Germanie, où ses lieutenants Titurius et Aurunculéius furent massacrés dans une embuscade.

Suétone, Vie de César, 25