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Zoom sur l’ouvrage de référence « Renseignement et espionnage dans la Rome Antique », de Rose Mary Sheldon

Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage sous la Rome antique
Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage dans la Rome antique

En 2005 est publié l’ouvrage historique de référence sur le sujet : Renseignement et espionnage dans la Rome antique, du Colonel Rose Mary Sheldon. Chercheuse et historienne, RM Sheldon va montrer comment le renseignement va passer d’une activité embryonnaire et entachée d’amateurisme aux origines de Rome (recours aux renseignements fournis par des transfuges ou des prisonniers de guerre torturés) pour devenir une activité organisée, très élaborée et surtout efficace à partir du règne de l’empereur Auguste (27 av. J.-C), successeur de Jules César, jusqu’à celui de Dioclétien (III ème siècle ap. J.-C).

Rose Mary Sheldon démontre combien les Romains n’ont au départ ni le goût, ni le savoir-faire en matière d’espionnage. Pour eux, la guerre est avant tout affaire de force, non de ruse qu’ils laissent à leurs ennemis. Ils ont pourtant une caractéristique qui participe de leur puissance : l’apprentissage par l’erreur. Ces erreurs, (relativement) peu nombreuses mais cuisantes, qu’elles soient de l’ordre de la défaillance du renseignement ou de l’utilisation inadéquate de renseignements disponibles, vont leur servir : les deux campagnes de César en Bretagne, celle de Crassus qui envahit le royaume des Parthes en n’ayant aucune idée de ce qu’il va rencontrer, Varus contre les Germains ou, inversement, l’invasion réussie de l’Italie par Hannibal (qui disposait d’un service d’espionnage pour récolter de l’information mais aussi pour désinformer). Militairement, on doit également souligner les qualités d’observation (reconnaissance dans la profondeur) de Scipion l’Africain.

Les massacres de Cénabum et Avaricum

Les civils ont subi des pertes et dommages considérables durant la campagne militaire menée par Jules César en Gaule, de 58 à 51 avant J.-C. Huit longues années de conquête ! Et plus encore, quand on sait que la Gaule ne sera pacifiée qu’aux environs des années 10 avant J.-C.

Dans Bellum Gallicum, César mentionne avec parcimonie ce qu’il considérait comme des pratiques de guerre habituelles. En réalité il s’agissait bien d’exactions contre les civils. On peut remarquer cinq types d’exactions :

  • les violences ordinaires commises sur des « vaincus », selon la pratique romaine de la guerre

  • les mises en servitude

  • les prises d’otage

  • les vols et pillages

  • les massacres (meurtres de masse)

Lors de la prise d’Avaricum (Bourges), en 52 avant J.-C., les légionnaires romains se livrent à un véritable massacre. Extrait :

Personne ne pensa au butin ; excités par le souvenir du carnage de Cénabum [Orléans] et par les fatigues du siège, ils n’épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Bref, d’un ensemble d’environ quarante mille hommes, à peine huit cents, qui s’enfuirent hors de la ville aux premiers cris, arrivèrent sains et saufs auprès de Vercingétorix

César, livre VII, 27

Jules César provoque le déclenchement de la Guerre des Gaules en Belgique

Gaule-BelgiqueAprès avoir détruit l’armée helvète et l’armée d’Arioviste, en vain, Jules César n’obtenait toujours pas le prétexte idéal pour déclencher sa vaste campagne de soumission de la Gaule : un trophée qui pourtant, lui garantirait les honneurs suprêmes à Rome. Alors Jules César va provoquer la Guerre des Gaules.

Provocation en Belgique

A la fin de la saison de guerre correspondant à l’année 58, César, installe ses légions en quartiers d’hiver no pas en Italie du Nord, comme il aurait été normal, mais à la frontière des peuples belges, frontière qui s’établissait alors sur une ligne est-ouest, plus méridionale que celle qui nous sépare actuellement de nos voisins de ce nom, et qui correspondait à peu près au cours de la Seine et de la Marne.

Les Belges d’abord, les Gaulois suivront

Les Belges virent dans ce choix l’annonce d’une guerre pour l’année suivante, donc pour 57, et ils firent leurs préparatifs, ce qui fut pris par César pour l’annonce du grand conflit qu’il appelait de ses voeux.