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Avant Vercingétorix : Indutiomaros comme chef

GG06Au printemps 53 avant notre ère, le gaulois Indutiomaros profitera que Jules César et ses légions soient de retour, fatigués, de Bretagne, pour mener une vaste rébellion en Gaule. Trois légions romaines sont défaites.

Tué, Indutiomaros sera finalement le tremplin définitif pour Vercingétorix, qui reprit le flambeau dès 52 avant notre ère.

De 52 à 49 avant notre ère, la Gaule sera le théâtre de guerres très brutales entre Romains et Gaulois. La parenthèse Vercingétorix agira en une véritable comète durant l’année 52. Jules César ne sera véritablement victorieux des Gaules qu’en 49 avant notre ère.

 

Jules César voulait une grande guerre

Gaule-BelgiqueCherchant obstinément un prétexte pour déclencher une grande guerre en Gaule, Jules César l’obtint presque en 58 avant J.-C., lorsque les Helvètes décidèrent de migrer vers la Gaule.

Il voulait une grande guerre pour prouver ses qualités au Sénat de Rome et pour obtenir le titre d’imperator (qui signifie « général victorieux »).

Jules César devait trouver une justification morale, pour mener à bien son projet, pour mener une guerre « juste » (bellum iustum).

Concernant les Helvètes, et leur migration, César omet volontairement d’écrire dans son Bellum Gallicum que les Gaulois avaient pour habitude de migrer comme bon leur semblait.

En ce qui concerne les Helvètes, la pression germanique était telle (des guerres répétées année après année), qu’ils avaient consenti largement à se procurer un nouveau territoire. Or, de par l’alliance conclue entre Helvètes, Séquanes et Eduens, les Helvètes espéraient s’établir au Sud-Ouest de la Gaule. De l’aide leur serait proposée, notamment pour passer le pont à Genève (une aide proposée par le peuple voisin de l’actuelle Suisse : les Séquanes).

Concernant cette propension des peuples gaulois à migrer, il faut savoir que ces mouvements migratoires étaient tout à fait naturels : les Gaulois s’étaient établis sur le territoire de la France actuelle seulement trois siècles avant la Guerre des Gaules (IV ème siècle avant J.-C.).

Mais les Helvètes seuls, n’auraient pas tout à fait suffi à déclencher la Guerre des Gaules. Alors César chercha querelle aux Germains d’Arioviste. Plus précisément aux clans que le chef germain Arioviste dirigeait et réunissait sous sa coupe.

Malgré les défaites helvète et germaine, César n’obtenait cependant pas son mobile idéal. Alors il provoqua la Guerre des Gaules pour de bon : en 58 avant J.-C toujours, César installa ses légions en quartiers d’hiver non pas en Italie du Nord, comme il eût été normal, mais à la frontière des peuples belges. Ces derniers virent dans ce choix l’annonce d’une guerre pour l’année suivante, donc pour 57 avant J.-C., et il firent des préparatifs, ce qui fut pris par Jules César pour l’annonce du grand conflit qu’il appelait de ses voeux.

Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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