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La Guerre des Gaules vue par Suétone

Né vers 70 après J.-C, Suétone est l’auteur de la Vie des Douze Césars, des biographies impériales qu’il fait fait débuter par Jules César. Le chapitre qui traite de l’épisode de la Guerre des Gaules est très maigre. Le voici :

Voici à peu près ce qu’il [César] fit pendant les neuf ans de son commandement. Il réduisit en province toute la Gaule renfermée entre les défilés des Pyrénées, les alpes, les monts des Cévennes et les cours du Rhin et du Rhône, et qui forme un circuit de trois millions deux cent mille pas environ, sans compter les villes alliées ou qui avaient bien mérité de Rome. Il lui imposa un tribut annuel de quarante millions de sesterces. Le premier des Romains, après avoir construit un pont sur le Rhin, il attaqua les Germains qui habitent au delà du fleuve, et leur infligea de grandes défaites. Il attaqua aussi les Bretons, inconnus jusqu’alors, les battit et exigea d’eux de l’argent et des otages. Parmi tant de succès il n’éprouva en tout que trois échecs : en Bretagne, où sa flotte fut presque anéantie par une violente tempête ; en Gaule, où, devant Gergovie, une de ses légions fut mise en déroute ; et aux confins de la Germanie, où ses lieutenants Titurius et Aurunculéius furent massacrés dans une embuscade.

Suétone, Vie de César, 25

Quand Jules César inventa la Gaule

carte-des-gaulesLe terme « Gaule » a été totalement inventé par Jules César. La cinquantaine de peuples et tribus gauloises qui s’abritaient dans le territoire de l’actuelle France, ne se reconnaissant pas en une unité politique autre que celle des sages (les druides, qui eux, se réunissaient effectivement chaque année en conseil des peuples).

Voici comment Jules César inventa la « Gaule » :

Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois. Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu’ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d’ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux. Par la même raison, les Helvètes surpassent aussi en valeur les autres Gaulois ; car ils engagent contre les Germains des luttes presque journalières, soit qu’ils les repoussent de leur propre territoire, soit qu’ils envahissent celui de leurs ennemis. Le pays habité, comme nous l’avons dit, par les Gaulois, commence au Rhône, et est borné par la Garonne, l’Océan et les frontières des Belges ; du côté des Séquanes et des Helvètes, il va jusqu’au Rhin ; il est situé au nord. Celui des Belges commence à l’extrême frontière de la Gaule, et est borné par la partie inférieure du Rhin ; il regarde le nord et l’orient. L’Aquitaine s’étend de la Garonne aux Pyrénées, et à cette partie de l’Océan qui baigne les côtes d’Hispanie ; elle est entre le couchant et le nord.

Jules César, Guerre des Gaules, I, 1.