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Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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Zoom sur l’ouvrage de référence « Renseignement et espionnage dans la Rome Antique », de Rose Mary Sheldon

Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage sous la Rome antique
Jaquette du livre de référence de Rose Mary Sheldon : Renseignement et espionnage dans la Rome antique

En 2005 est publié l’ouvrage historique de référence sur le sujet : Renseignement et espionnage dans la Rome antique, du Colonel Rose Mary Sheldon. Chercheuse et historienne, RM Sheldon va montrer comment le renseignement va passer d’une activité embryonnaire et entachée d’amateurisme aux origines de Rome (recours aux renseignements fournis par des transfuges ou des prisonniers de guerre torturés) pour devenir une activité organisée, très élaborée et surtout efficace à partir du règne de l’empereur Auguste (27 av. J.-C), successeur de Jules César, jusqu’à celui de Dioclétien (III ème siècle ap. J.-C).

Rose Mary Sheldon démontre combien les Romains n’ont au départ ni le goût, ni le savoir-faire en matière d’espionnage. Pour eux, la guerre est avant tout affaire de force, non de ruse qu’ils laissent à leurs ennemis. Ils ont pourtant une caractéristique qui participe de leur puissance : l’apprentissage par l’erreur. Ces erreurs, (relativement) peu nombreuses mais cuisantes, qu’elles soient de l’ordre de la défaillance du renseignement ou de l’utilisation inadéquate de renseignements disponibles, vont leur servir : les deux campagnes de César en Bretagne, celle de Crassus qui envahit le royaume des Parthes en n’ayant aucune idée de ce qu’il va rencontrer, Varus contre les Germains ou, inversement, l’invasion réussie de l’Italie par Hannibal (qui disposait d’un service d’espionnage pour récolter de l’information mais aussi pour désinformer). Militairement, on doit également souligner les qualités d’observation (reconnaissance dans la profondeur) de Scipion l’Africain.

Germains et Romains : de grands ennemis sous l’Antiquité !

Petite illustration de ce à quoi pouvaient ressembler les guerriers venus d'outre-Rhin : les Germains, systématiquement vêtus de peaux de bêtes pendant les saison hivernale, printanière et automnale
Petite illustration de ce à quoi pouvaient ressembler les guerriers venus d’outre-Rhin : les Germains, systématiquement vêtus de peaux de bêtes pendant les saison hivernale, printanière et automnale

Le premier contact entre Romains et Germains eut lieu à la fin du IIe siècle avant notre ère, quand les Cimbres et les Teutons, descendant la vallée du Rhône, anéantirent quatre-vingt mille légionnaires et alliés, à la bataille d’Orange (en 105 avant J.-C.). Ce fut un historique et fatidique désastre, du côté romain. Le Germain devenait la représentation du Mal absolu, de l’ennemi aguerri.

Le général Marius rétablit la situation en battant les Teutons à Aix (102), puis les Cimbres à Verceil (en 101 avant J.-C.).

Après un demi-siècle d’indifférence, les deux peuples entrèrent de nouveau en contact quand Jules César décida de conquérir le nord de la Gaule (c’est-à-dire les populations belges, expertes du char de guerre et de la cavalerie pourtant).

En 58 avant J.-C., Jules César battit les Suèves d’Arioviste dans la plaine d’Alsace, puis, en -57, s’empara de toute la région située entre la Seine et le Rhin, où vivaient plusieurs peuples germains. Peuples belges (aguerris) et germains subissaient ainsi une mise en coupe réglée (mise en servitude, incendie d’oppida (oppidum au singulier = place-fortes souvent établies sur des hauts plateaux dominant des vallées, et servant de centre de commandement mais aussi de nervure stratégique et commercial). Veuillez taper « oppidum » dans la barre de recherche en haut à gauche de ce site web, si vous désirez en savoir plus sur les oppida, leur irruption dans l’histoire et leur fonctionnement).