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Les sacrifices gaulois

Ceux [les sacrifices celtiques] qui apaisent par un sang affreux le cruel Teutatès et l’horrible Esus aux autels sauvages et Taranis, autel non moins cruel que celui de la Diane scythique. Le poète Lucain (Phar., I, 444-446)

Représentation du Dieu Toutatis/Teutatès
Représentation du Dieu Toutatis/Teutatès

Les peuples de l’antique Gaule pratiquaient plusieurs types de sacrifices :

  • les victimes destinées à Taranis étaient immolées par le feu,
  • celles destinées à Teutatès étaient noyées dans une cuve,
  • celles destinées à Esus étaient suspendues à un arbre et écorchées.

A noter que plusieurs autres sacrifices, à vocation augurale, existaient :

  • chercher des présages dans les convulsions d’un homme, qu’on frappait dans le dos d’un coup d’épée.

La pratique de l’holocauste

L’holocauste se pratiquait sur des victimes tuées à coups de flèches, ou crucifiées dans les temples.

Les victimes majeures, en nombre, demeuraient les animaux et les denrées agricoles.

Tout sacrifice gaulois était assisté, régi, surveillé, dirigé par un druide.

Les dieux gaulois

Taranis, dieu celte du tonnerre et du ciel (une représentation trouvée sur le site de Châtelet en Haute-Marne)
Taranis, dieu celte du tonnerre et du ciel (une représentation trouvée sur le site de Châtelet en Haute-Marne)

Le panthéon celtique n’a rien à voir avec la mythologie grecque, où les dieux forment une vaste parentèle et où chaque divinité possède des attributions bien définies.

Les Gaulois avaient une conception plutôt mentale de leurs divinités, qu’ils paraient d’attributions multiples et de profils plutôt flous.

Les dieux gaulois sont isolés, et certains associés à un animal. Très nombreux, beaucoup d’entre eux n’ont qu’un caractère régional, voire local.

Le panthéon gaulois s’est enrichi des divinités topiques trouvées sur place quand les Celtes ont migré en Gaule : ils ont adopté les noms des sources, rivières, montagnes, pour les intégrer dans leur propre système de pensée religieuse.

Mais, dans le même temps, on retrouve une unité de croyances propres aux Celtes, de l’Irlande au Danemark, de la Gaule à l’Allemagne, avec les mêmes figurations divines apparaissant dans la statuaire ou sur des bas-reliefs, ainsi que des objets identiques.

Taranis par exemple, dieu du tonnerre et du ciel, assimilé au Jupiter romain, est figuré sous les traits d’un homme barbu. Il tient le foudre dans la main droite, des esses (symboles celtiques en forme de spirale), qui représentent l’éclair, suspendues à son épaule, et, dans la main gauche, une petite roue, qui est un motif celtique solaire.

Dès l’âge du Bronze, la roue est assimilée à l’univers céleste. Sur le chaudron de Gundestrup (trouvé dans un marécage au Danemark), une divinité barbue et un guerrier casqué, associés, tiennent ensemble une demi-roue. Quant au Taranis qui provient du site du Châtelet, il brnadit la foudre de Jupiter d’une main, tient une roue de l’autre et porte à l’épaule droite des esses, décoration que l’on retrouve sur les armes celtes, enfilées dans un anneau.

Les textes anciens décrivent Taranis comme un dieu cruel dont les Gaulois craignaient la colère.