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Zoom sur le livre « Vercingétorix », de Paul M.Martin

martin-vercingetorixVercingétorix n’a pas été le grand rassembleur des Gaulois, mais « un piètre politique ». Voilà la thèse soutenue par Paul M.Martin, dans Vercingétorix (2001, éditions Perrin). En revanche, malgré sa défaite à Alésia, il a été « un grand stratège, digne de l’adversaire qu’il affrontait » (selon les propos de Paul M.Martin). Cet ouvrage tente de circonscrire par touches successives un personnage qui, faute de documents gaulois, a été largement façonné par son adversaire dans« La Guerre des Gaules » (livre de Jules César). Vercingétorix est à quelques nuances près l’homme d’un seul livre, celui de Jules César, et celui d’un seul peuple, le peuple français. » Or, les Français ont fait de Vercingétorix un grand mythe national. Pour magnifier sa propre victoire, César grandit son adversaire. Pour justifier la conquête, il perpétue le souvenir de ces terribles barbares qui traumatisent les Romains depuis le sac de Rome, trois siècles plus tôt. Pour atteindre son objectif géopolitique (créer une zone romanisée au nord de la Narbonnaise, afin de contenir des Germains de plus en plus turbulents ) Jules César doit, dans le même temps, présenter les Gaulois comme des populations « assimilables dans l’empire ». « La Guerre des Gaules » est donc à manier avec prudence.

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Les massacres de Cénabum et Avaricum

Les civils ont subi des pertes et dommages considérables durant la campagne militaire menée par Jules César en Gaule, de 58 à 51 avant J.-C. Huit longues années de conquête ! Et plus encore, quand on sait que la Gaule ne sera pacifiée qu’aux environs des années 10 avant J.-C.

Dans Bellum Gallicum, César mentionne avec parcimonie ce qu’il considérait comme des pratiques de guerre habituelles. En réalité il s’agissait bien d’exactions contre les civils. On peut remarquer cinq types d’exactions :

  • les violences ordinaires commises sur des « vaincus », selon la pratique romaine de la guerre

  • les mises en servitude

  • les prises d’otage

  • les vols et pillages

  • les massacres (meurtres de masse)

Lors de la prise d’Avaricum (Bourges), en 52 avant J.-C., les légionnaires romains se livrent à un véritable massacre. Extrait :

Personne ne pensa au butin ; excités par le souvenir du carnage de Cénabum [Orléans] et par les fatigues du siège, ils n’épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Bref, d’un ensemble d’environ quarante mille hommes, à peine huit cents, qui s’enfuirent hors de la ville aux premiers cris, arrivèrent sains et saufs auprès de Vercingétorix

César, livre VII, 27

L’image des Gaulois dans les manuels scolaires avant 1945

gauloisA l’école primaire, avant 1945, les manuels maintiennent l’image de Gaulois sauvages, que Rome aurait civilisé. Le sacrifice de Vercingétorix conserve une place estimable : il faut se battre pour la patrie. Le secondaire n’observe les Gaulois que sous l’angle de la culture gréco-romaine, auxquels ils eurent la chance d’être associés. Les « messages » de la Troisième République continuent leur martèlement implacable ; en dépit de critiques et de réactions que publient certaines revues pédagogiques.

Sous le régime de Vichy

Sous le régime de Vichy, les thèmes du vieux pays réapparaissent : tirons la leçon de notre échec et la France resurgira. Mais à la différence des années 1870 il n’est plus question de préparer la revanche, il s’agit de relever le pays en retrouvant ses anciennes valeurs, lesquelles ne diffèrent pas trop de celles des vainqueurs. Construisons un nouvel ordre. D’un mal (la défaite) resurgira un bien (un nouvel ordre). A l’instar de la défaite de Vercingétorix, de laquelle a émergé la civilisation.