Une Gaule totalement défaite à Alésia ? Non

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La victoire de César à Alésia ne signifiait pas la fin de la conquête et César demeura en Gaule pendant l’hiver de 52-51, qui fut encore difficile pour les forces romaines. Le proconsul César dut une nouvelle fois marcher contre les Bituriges, les Carnutes, puis contre les Bellovaques qui avaient reçu l’appui d’autres peuples et avaient fait appel à des auxiliaires germains.

Au printemps de 51 avant J.-C. cependant, après un dernier succès sur les Pictons et la prise d’Uxellodunum où il fit couper les mains des chefs rebelles, Jules César était de nouveau victorieux et les derniers irréductibles, dont l’Atrébate Commios, s’étaient exilés.

Titus Labiénus, légat de César, avait soumis les Trévires et, à l’automne, le proconsul pouvait visiter l’Aquitaine, tenir des lits de justice en Gaule transalpine, où il reçut les remerciements de la province et récompensa ceux qui étaient demeurés fidèles.

Puis César décida d’installer les quartiers d’hiver de ses troupes en Belgique (à Arras), tandis que lui-même retournait en Gaule cisalpine, à Ravenne. La Gaule était définitivement pacifiée ? Pas encore.

Le « grand César vainqueur de la Gaule » est un mythe

Contrairement au mythe entretenu intelligemment par César, les combats se poursuivent encore, au-delà de l’année 51 avant J.-C. Les Gaulois menèrent encore et encore des coups de main et des embuscades. Et cela continuera pendant une trentaine d’années, c’est-à-dire bien au-delà de la mort de Jules César. Le « grand César vainqueur de la Gaule » est un mythe. La véritable Histoire, scientifiquement avérée, contredit son apologétique Bellum Gallicum, seule et unique source historique de première main sur le conflit ayant opposé Romains et Gaulois.

A la mort de Jules César, en 44 av. J.-C., la Gaule n’est toujours pas pacifiée ! De plus en plus sporadiques, les troubles dureront jusqu’aux années 10 avant J.-C. Ce qui fait dire à l’historien Paul M. Martin, dans son livre-phare Vercingétorix (éditions Perrin, 2001) :

On ne saurait mieux dire à quel point l’entreprise de Vercingétorix fut inutile et, [que] si elle avait réussi, à quel point elle aurait privé la Gaule de la chance […] de devenir romaine

Paul M.Martin, dans Vercingétorix, éditions Perrin, 2001

 

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